Edito du secrétaire de section Emmanuel Grégoire

Sénat : une victoire pour quoi faire ?

dimanche 25 septembre 2011


Nous vivons un moment historique : le Sénat pourrait basculer à gauche pour la première fois sous la Vème République. Il est encore trop tôt pour s’assurer d’une victoire de la gauche même si au regard des résultats du scrutin d’aujourd’hui, les choses se présentent plutôt bien. Si la gauche progresse significativement avec le gain de nombreux siège de sénateurs, sous le double effet des excellents résultats de la gauche aux dernières municipales et régionales, il faudra bien sur attendre le 1er octobre et l’élection du Président du Sénat pour consacrer son basculement à gauche.

A Paris, nous pouvons nous réjouir du gain d’un sénateur de la liste conduite par Jean-Pierre Caffet : l’union de la gauche montre son efficacité (1 liste de gauche contre 5 listes de droite) ; au total, le nombre de sénateurs de gauche à Paris est de 8 (dont 5 socialistes) contre 4 à droite (dont seulement 2 UMP).

Au-delà de la satisfaction, nous devons en même temps nous interroger sur le sens à donner à cette victoire qui nous semblait si inexorablement inaccessible tout au long de la Vème République.

Bien sur, la gauche, si elle l’emporte va pouvoir profiter de ce nouvel atout pour populariser ses actions et ses propositions. La gauche aurait à travers le Sénat un outil pour proposer des lois et pour lancer des commissions d’enquête par exemple. Bien sur, cela ne suffira pas pour empêcher la politique de Sarkozy mais cela offrira incontestablement un puissant levier pour s’y opposer et donner de la résonnance à nos propositions. C’est enfin un encourageant signe politique pour préparer 2012, nous savons désormais que rien n’est impossible.

Au-delà de ce constat, il convient de rappeler que le Sénat constitue une anomalie démocratique. Comme le disait Jean Pierre Rives à propose du Rugby, « Les Anglais ne perdent jamais mais parfois on les bat », avec le Sénat c’est pareil, « la Droite ne perd jamais mais une fois on la bat ». Le Conseil des Anciens, comme l’appelait la constitution thermidorienne qui le fit naitre en 1795 est un objet démocratique d’un autre temps et qui ne remplit encore que très partiellement et de façon très inégalitaire son rôle de « représentation des collectivités territoriales de la République » (article 24 de la Constitution).

C’est pourquoi il importe, au-delà de la joie qui nous anime en ce jour exceptionnel, de rappeler les engagements qu’ont pris les socialistes pour réformer cette institution : tout d’abord, la part de scrutin proportionnel sera élargie au Sénat pour les départements qui élisent au moins trois Sénateurs. De plus, le collège électoral des Sénateurs sera rééquilibré en faveur des départements et des régions : ainsi la Chambre haute deviendra-t-elle [véritablement] celle des territoires. Enfin, le droit de veto du Sénat sera supprimé en matière constitutionnelle et organique.

Pour que le Sénat ne soit plus, selon le bon mot de Edouard Herriot, « une assemblée d’hommes à idées fixes, heureusement corrigée par une abondante mortalité ».

Amitiés socialistes

Emmanuel Grégoire

Voici la liste des élus à Paris : La liste de "rassemblement de la gauche et des écologistes", emmenée par le socialiste Jean-Pierre Caffet, remporte 8 sièges (+1) : 5 socialistes (Jean-Pierre Caffet, Bariza Khiari, Marie-Noëlle Lienemann, Roger Madec, David Assouline), 2 écologistes (Jean Desessard et Leila Aichi) et 1 communiste (Nicole Borvo Cohen-Seat).

Sur la liste UMP de Mme Jouanno, Philippe Dominati est réélu mais la sénatrice sortante Catherine Dumas est battue.

Pierre Charon est élu.

Yves Pozzo Di Borgo (Nouveau Centre) est ré-élu sénateur.

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2 Messages de forum

  • Sénat : une victoire pour quoi faire ? 25 septembre 2011 23:48, par michel

    le sens c’est qu’au delà ou dans le prolongement du peuple , qui se voit enfin protéger un peu plus par sa gauche et son senat, car ce peuple qui se sent desormais et depuis longtemps même d’avant mitterand plus à gauche en fait que le ps, puisque ce peuple spolier de dignité , ignoré, piétiné par une gouvernance ses dauphins ou ses pretendants au pouvoir s’amusant de la chose politique comme d’un jeu de société sans mort ni drame et pour beaucoup trop d’entre eux au regard des drames et des difficultés renommer "retoqués" de diminutifs indéscents et pourtant appliqués sans conscience et ruinant les âmes de ceux là du peuple bien plus nombreux qui encaissent...bref , c’est une conscience qu’enfin la france c’est offerte afin que la, les sciences politiques renaiscent de leurs cendre....c’est une immense espérence qui appel enfin tous les citoyennes et citoyens a sortir des guêts et du maquis et de dire haut et fort enfin : non ! nous n’étions pas des objets innanimés qui n’avaient plus ou pas d’âme ni force d’aimer non ! messieurs et mesdames du peuple français et de nos représentants c’est de vos conscience enfin guidant en conscience et sans botter en touche de façon sybilline la nation la patri votre notre peuple fiers et conscient au point de tenir au plus près de la limite de ses forces avant de tirer...nous sommes malgrés tout de ce peuple qui avait la noblesse de tire messieurs...tirés les premier avant d’engager tout combat fratricide...oui ! l’europe se fera , mais celle fraternelle et donc libre sociale et sociétalement consciente et protégées des "fous" en celà !
    michel guillot avec vous toutes et tous amis camarades frères et soeurs de seireinité de paix et de perennisation...cordialement gauche et vif

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  • Ne pas se tromper d’adversaire 26 septembre 2011 08:59, par Michel Bellamy

    Ne boudons pas notre plaisir, même si le Sénat actuel n’est pas vraiment ce que nous aimerions qu’il soit. Évoquer un nouveau Sénat, c’est évoquer l’ensemble des rééquilibrages nécessaires au bon fonctionnement de la République, qu’elle continue à s’appeler V où qu’elle se fasse baptiser VI.

    C’est un échec de la droite bien sûr, mais c’est surtout perçu comme un échec de « la bande à Sarko » (voir, par exemple, l’article de Médiapart « Sarkozy peut-il encore être candidat ») et nous devons nous méfier de cette vision. Nous devons impérativement gagner les présidentielles et les législatives, non pas contre « Sarko » mais contre la droite dans son ensemble. La politique des chevaliers à la triste figure, comme Fillon ou Juppé, que leur mine affligée fait parfois passer pour sérieux, ne serait pas différente de celle de l’agité de l’Élysée. Le personnage est certes insupportable et même grotesque, mais, politiquement, il n’est pas pire que le reste de la droite, et les gouvernements Fillon ont poursuivi avec application la politique antisociale de Raffarin et de Villepin.

    Nos campagnes électorales devront prendre très au sérieux cet aspect, pour ne pas laisser croire qu’en changeant de cavalier la droite va devenir utile et efficace. C’est une idée que j’ai déjà présentée à plusieurs reprises ici ou là, qui ne change rien à nos critiques de fond, mais qui est très importante pour la victoire.

    Amitiés socialistes à tous.

    Michel Bellamy

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