Edito du secrétaire de section Emmanuel Grégoire
dimanche 12 février 2012
François Hollande l’a annoncé, s’il est élu, il renégociera le traité issu de l’accord du 9 décembre 2011. Ce n’est là ni une aventure solitaire, ni une ambition déraisonnée, c’est un impératif économique et encore plus démocratique. Bien sur que la question des finances publiques est importante et elle est traité avec esprit de responsabilité et de justice par François Hollande ; mais à l’heure où une crise historique frappe l’Europe, au lieu d’être porté par les idéaux qui ont guidé la construction européenne, les gouvernements, particulièrement en France et en Allemagne se laissent guider par le repli sur soi et l’égoïsme sous la pression des marchés financiers, avec pour seule ambition de sauver leurs banques et leurs accès aux marchés financiers en étranglant les peuples, au portefeuille et dans leur honneur.
Le traité doit être complété et précisé :
Le contrôle des finances publiques sans le soutien à la croissance, ce n’est pas mieux que rien, c’est pire que tout. De très nombreux exemples, par exemple en Afrique ou en Argentine avaient déjà montré l’ineptie de politique de restriction lorsque cela provoque la récession qui aggrave les déficits publics au lieu de les réduire mais l’essentiel aux yeux des dirigeants européens est sauf : pas de faillite bancaire qui provoquerait une onde de choc. Peu importe manifestement que les Grecs, les Portugais, les Espagnols et tant d’autres citoyens européens souffrent d’une explosion dramatique de la pauvreté, peu importe la perte de légitimité démocratique de l’Europe et des institutions internationales, sous la direction des marchés financiers, de la machine technocratique alliée au cynisme égoïste des Etats les plus riches, l’Europe avance doucement vers sa fin, l’abandon d’une ambition politique, humaniste et solidaire, l’abandon d’un idéal.
Sans nier la réalité douloureuse des dettes publiques, le traité doit impérativement être complété d’un volet de croissance. François Hollande présentera ses propositions détaillées en mars mais d’ores et déjà il a indiqué un certain nombre de pistes précises : Autorisation d’emprunt pour l’UE (pour financer les grands projets d’avenir : infrastructures, les filières industrielles, …) ; Augmenter capacités d’emprunt de la BEI ; Mise en place de fonds structurels européens en faveur des pays et zones à faible croissance ; mise en place d’euro-obligations afin d’assurer un minimum de solidarité dans la zone Euro.
Et il faut retrouver une ambition pour l’Europe
De retour de Berlin où nous avons rencontrés et débattus avec des militants du SPD, il est clairement apparu clair que nous partageons avec nos camarades allemands l’idée d’une réorientation profonde de l’Union Européenne. Si complexe et ambitieux que cela soit, nous devons redonner à l’Europe l’esprit des pères fondateurs, une Europe au service de la Paix, des peuples, de la démocratie et de la prospérité économique. Nous devons pour cela repenser profondément notre relation à l’économie, à son insupportable dépendance à l’égard des marchés financiers, à la prise en compte des grands enjeux environnementaux, à la place de l’Europe dans les conflits mondiaux.
C’est une question de survie pour l’Europe que nous aimons, c’est une question de survie pour la France que nous aimons.
Vous trouverez ci-dessous le support que Sandra et moi avons utilisé pour l‘animation du débat sur la crise de l’Euro que nous avons organisé avec nos camarades du SPD.
Amitiés socialistes
Emmanuel Grégoire