Edito du secrétaire de section Emmanuel Grégoire

Le coup de poker de Sarkozy !

dimanche 19 février 2012


L’annonce par Sarkozy de la mise en place de la TVA sociale résume à elle seule ce mandat : injustice, inconstance et précipitation. Après avoir commencé le mandat en réduisant les impôts des plus fortunés (bouclier fiscal, diminution de l’impôt sur les successions, …), il l’achève en augmentant les impôts pour tous, frappant plus fortement les catégories les plus défavorisées du fait de la part très importante de la TVA dans leurs budgets.

C’est le dernier coup de poker : apparaitre comme un homme courageux dans la tempête. Mais loin d’être un acte courageux, c’est le signe de ce que serait sa politique s’il était réélu, le sacrifice du pouvoir d’achat au service d’hypothétiques gains de compétitivité en baissant la part patronale des cotisations sociales. Sarkozy clame que l’augmentation de la TVA n’aura pas d’impact sur les prix, c’est une contre-vérité évidente. D’ailleurs, un rapport de l’actuel gouvernement montrait le double risque de cette hausse de TVA. "[Avec la TVA sociale], la hausse initiale des prix serait pour une large part inévitable (...) D’autres épisodes de hausse de TVA, intervenant dans une conjoncture fragile, ont eu un effet dépressif". (Extrait du rapport sur la TVA sociale de Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Économie et des Finances, remis à François Fillon le 11 septembre 2007). Autrement dit, l’augmentation de la TVA baissera le pouvoir d’achat et donc la consommation qui est pourtant indispensable au maintien d’une politique de croissance. En Allemagne, la hausse de 3 points pratiquée en 2007 a entrainé une hausse des prix de 3,6 points (source Rapport de la Cour des Comptes). En France en 1995 : La hausse Juppé s’est quasi intégralement répercutée dans la hausse des prix (+2%). Selon UFC-Que choisir, la perte de pouvoir d’achat moyenne pour les ménages atteindra 300 euros par an en cas de hausse de la TVA en France. En 2012 comme en 1995, la hausse de la TVA sera un amplificateur de récession.

A l’inverse, et sans nier la réalité du déficit de compétitivité de notre économie, François Hollande a pris l’engagement d’annuler cette hausse de TVA et de privilégier d’autres mécanismes pour restaurer les finances publiques et stimuler notre économie.

Tout d’abord, la grande réforme fiscale annoncée permettra d’améliorer le pouvoir d’achat et de rétablir la justice fiscale, ainsi que d’autres mesures destinées à stimuler la consommation (augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire dès 2012, une nouvelle tarification pour le gaz et l’électricité afin que tous aient accès à ces biens essentiels, encadrement des prix des loyers, …).

Pour relancer la compétitivité, plutôt que de miser uniquement sur une baisse du coût du travail pour les entreprises, François Hollande mise sur un politique économique volontariste pour relancer la production, l’emploi et la croissance :
-  Banque publique d’investissement pour le développement des PME et la prise de participation dans des entreprises stratégiques,
-  Le soutien prioritaire aux PME afin de reconstruire un tissu d’acteurs économiques intermédiaires qui seront les moteurs de la croissance et de l’emploi,
-  En favorisant directement les entreprises qui produisent en France et en incitant à relocaliser les usines dan le cadre de contrats spécifiques.

La TVA Sarkozy constitue l’acte final d’un mandat marqué par l’injustice et l’inneficacité ; Un va-tout idéologique qui confirme une conviction profondément ancrée chez le président sortant : il vaut mieux prendre aux pauvres pour donner aux riches, les premiers sont beaucoup plus nombreux.


La TVA "sociale", le coup de poker du candidat... par PartiSocialiste

Amitiés socialistes

Emmanuel Grégoire

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